C est a pied que nous finissons le voyage, 3 heures de marche dans les nuages pour passer dans l'autre vallee. Sophia, inquiete ne sachant pas ou nous etions, nous reserve un accueil tres chaleureux. Elle nous loge tres simplement mais bien comfortablement, on se sent bien chez elle. Puisque nous ne sommes pas tout a fait ingrats, le lendemain, nous l'aidons au champ. Recolte de legumes et poursuite des moutons dans la montagne...Le lendemain, ballade dans la region, entre les villages. Ces villages, distants de quelques heures a quelques jours de marches sont des communautes quechua distinctes. Les villages sont tres differents, tant dans leur organisation que par les gens qui y vivent. On y cultive pas toujours la meme chose, on y vit et y pense differement. C'est tres surprenant pour nous qui sommes habitues a une culture europeenne bien globalisee. L'acceuil qu l'on y recoit est, lui aussi, tres different. Des mauvaises ondes ressenties a Charazani (sentiment partage par les gens de ces comunautes, qui ne peuvent pas les saquer non plus!), nous passons a un acceuil reserve mais agreable. Les gens ne sont pas timides mais un peu mefiants, c'est a nous de faire le premier pas. Il faut dire que des gringos, y'en a pas des masses et que ces communautes ont une identite culturelle tres forte, qu'elles tentent de conserver face aux influences occidentales (encore tres faibles: pas d'internet, de chaine tele, a peine le telephone et la radio locale depuis 3 ans).
La vallee et les cultures en terrasses. Surprenant de voir des montagnes cultivees a 4000m! Mais ici, il gele a peine.
Petit repos apres la traversee un peu stresante: pieds nus sur les pierres glissantes, l'eau aux cuisses, avec un sac a dos pleins d'appareils photos...
La place principale de Caata, semi abandonnee. Atmosphere bien particuliere...
Enfin, le 3e jours, apres les adieux et echange de petits cadeaux, nous redescendons a Charazani ou Stanislas et Valentina allaient peut-etre nous rejoindre pour le w-e.
Encore une petite vue, parce qu'on se lasse pas. Ce que vous ne voyez pas, c'est la petite pause a cote de M. et Mme Faucon Pelerin... Cette region est aussi la plus frequentee de Bolivie par les condors. Oiseaux surprenants car on peut les observer bien tranquillement en plein ciel mais ils en disparaissent en un moment d'inattention! Les distances condoriennes et humaines ne sont pas comparables...Lorsque nous ne les attendions plus, Stanis et Valentina apparaissent enfin. Nous partons ensemble a Chullina, village ou ils ont vecu une vingtaine d'annees avant de de venir a Achocalla. En chemin, nous passons par des sources chaudes, pour enfin nous laver. C'est bien la premiere fois en Bolivie que l'eau est trop chaude!
Le lendemain, nous partons en ballade avec Stanis. Il a beau bien connaitre le coin, en 15 ans, les chemins ont beaucoup change, voir meme disparu. Pas grave, on s'invente le notre a travers la foret nuageuse.
La maison de Stanis, abandonnee depuis 15 ans, toujours habitable malgre quelques petits degats par des bourres.De nos discussions avec Stanis, nous aprenons un peu plus sur le fonctionnement de ces communautes, leur gestion du territoire, reparties lors de conseils,... Mais aussi les problemes amenes lorsqu'ils se bourrent la gueule. Mieux vaut les eviter lors de ces moments la, leur comportement est imprevisible et bien souvent dangereux. D'ailleurs faites attention lorsque le Lonely Planet suggere les fetes de villages: dans ce coin, vous y risquez votre vie! Merci du conseil.
Avant de partir, entre les travaux a la maison, petit coup d'oeil sur la vallee a cote, presque vierge.
Un trek traverse ces montagnes. Pas le temps cette fois ci mais ce n'est que partie remise.Nous quittons la region en soiree en partie a l'arriere du pick-up, bien emballes dans des couvertures. C'est vers 11h30 que nous sommes controles par une patrouille anti-drogue:
Laisses seuls dans la cabine lors de la "fouille", l'agent apercoit un paquet suspect un peu cache derriere le siege...
-Qu'est-ce qu'il y a dans ce paquet?
-on sait pas, il faut demander au chauffeur.
-D'accord c'est bon, dit-elle en partant sans jamais regarder!
et:
-vous venez d'ou?
-de Belgique.
-Passeport! nous repond-t-on de facon imperative.
-Oh! ils sont dans le coffre, loin.
-ok, c'est bon. bon voyage.
Et c'est la tune des americains qui finance ces clampins! La coke a encore de beaux jours devant elle...
Fin: De retour a La Paz (on espere pour la derniere fois!), nous organisons la suite de notre voyage, direction Iquitos et l'amazonie peruvienne, en passant rapidement dans le sud du Perou. On a meme trouve un medecin et des anti-malariques (doxycycline) indiens!


